Sur le marché immobilier de Montréal, les ventes reculent, le nombre de propriétés à vendre grimpe… et pourtant, les prix ne baissent pas. Si vous cherchez à acheter, ça peut sembler illogique. Voici ce qui se passe vraiment.
Ce que disent les chiffres
Selon l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), voici le portrait de la région métropolitaine de Montréal en septembre 2026 :
- 3 082 ventes, soit 11,6 % de moins qu’en septembre 2025;
- prix médian d’une unifamiliale : 635 000 $ (+0,5 %);
- prix médian d’une copropriété : 430 000 $ (stable);
- prix médian d’un plex : 861 000 $ (+2,5 %);
- 21 793 propriétés à vendre, en hausse de 19,9 % sur un an.
Pourquoi les prix tiennent malgré moins de ventes
L’offre revient, mais lentement. Il y a de plus en plus de propriétés sur le marché, mais on part de très bas. Selon l’APCIQ, la plupart des secteurs de la région manquent encore d’inventaire, et les vendeurs gardent l’avantage dans la négociation.
La demande baisse, mais pas assez. Moins d’acheteurs sont actifs, mais pas au point de provoquer une baisse générale des prix. Ce qui change, c’est le ton : plus de vendeurs réduisent leur prix demandé, et les surenchères se font plus rares.
Le crédit coûte plus cher. Les taux hypothécaires fixes ont augmenté, et l’APCIQ évoque la possibilité d’une hausse du taux directeur de la Banque du Canada d’ici le début de 2027. Ce sont surtout les premiers acheteurs qui écopent.
Il n’y a pas un, mais plusieurs marchés. Les copropriétés sur l’île de Montréal approchent l’équilibre, et le centre-ville et le Sud-Ouest sont déjà en situation de surplus. Ailleurs, et surtout pour les maisons unifamiliales, la pression reste forte.
Et le plex, cette spécialité montréalaise?
Le plex est le seul type de propriété dont le prix médian a vraiment progressé en un an. Une piste d’explication : ses revenus de location. La SCHL rapportait une hausse moyenne des loyers de 7,2 % à Montréal en 2025, plus vite que les revenus des ménages. Pour un acheteur, des loyers plus élevés rendent un plex plus rentable, ce qui aide à soutenir sa valeur.
Ce que ça veut dire pour vous
- Vous achetez une copropriété sur l’île : vous avez plus de choix et plus de marge pour négocier qu’il y a un an.
- Vous cherchez une maison unifamiliale : le marché reste serré, même si les guerres d’enchères se calment.
- Vous achetez pour la première fois : les taux pèsent plus lourd que les prix; faites valider votre capacité d’emprunt avant de magasiner.
- Vous vendez : vous êtes encore en bonne position, mais un prix demandé trop ambitieux risque de rester sur le marché.
Chiffres à jour au 14 octobre 2026.
Sources
- Statistiques de septembre 2026 de l’APCIQ pour la RMR de Montréal (La Presse Canadienne, via CTV News)
- Bilan du 3e trimestre 2026 de l’APCIQ (communiqué)
- Rapport sur le marché locatif 2025 de la SCHL (Noovo)
